Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.

Publicité

Présidentielle 2027 : Quand les Gremlins du Kremlin font des leurs du côté de l’Elysée

De petites créatures, malheureusement bien réelles celles-là, chercheraient à semer la pagaille dans la présidentielle de 2027. Et comme tous les Gremlins, le principal danger consiste peut-être à les nourrir.

 

Publicité

Chapitre 1 l’ingérence extérieure

J’étais en train de me faire bouillir les neurones sur mon prochain conseil pour les programmes aux différents candidats à la présidentielle, navigant entre la sécurité sociale, les retraites ou autre sujet éternel, lorsqu’un titre dans libération me sauta aux yeux :

« Philippe, Attal et Glucksmann ciblés par des ingérences russes : la campagne présidentielle dans les enfumages du Kremlin. »

lire l'article les enfumages du Kremlin

Quoi ? Poutine aurait donc déjà commencé à faire son marché pour 2027 ?

J’avoue avoir vacillé.

Pendant que nous le pensions occupé par l’Ukraine, l’OTAN, Trump, les sanctions et quelques missiles nucléaires, Vladimir Vladimirovitch trouverait encore le temps de surveiller les ambitions d’Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.

Je savais la Russie expansionniste. Je ne la savais pas aussi électoraliste.

J’imaginai aussitôt le bunker du Kremlin.

— Vladimir Vladimirovitch, nous avons un problème.

— L’OTAN ?

— Non.

— L’Ukraine ?

— Non plus.

— Alors quoi ?

— Attal remonte dans les sondages.

Poutine blêmit.

— Et Glucksmann ?

— Lui aussi.

— Philippe ?

— Toujours là.

Long silence.

Dans la tête de Poutine ça bouillonne

— Déclenchez immédiatement l’Opération Bortsch-27

— Objectif ?

— Faire mijoter la campagne française jusqu’à ce que plus personne ne sache ce qu’il y a dans la soupe.

Des satellites sont repositionnés, des agents dormants sont réveillés, des informaticiens sont mobilisés.

Mais avant d’investir des milliards de roubles dans la désinformation, nos amis russes devraient regarder ce dont nous sommes capables tout seuls.

Pourquoi sous-traiter à Moscou ce que nous pouvons parfaitement produire en circuit court ?

Pour ne pas laisser trop de place aux étrangers et en particulier aux Russes nous proposons de créer une formation pour nos propres ingérotistes (néologisme Coustounien mélange subtil* d’ingérence et de complotiste)

*« je ne vous le fait pas dire ! »

Pour faire un bon ingérotiste fake-newseur

Première règle : ne jamais inventer une information entièrement fausse.

C’est beaucoup trop fatigant, prenez plutôt un fait réel, coupez-en la moitié, oubliez le contexte, ajoutez un point d’interrogation.

Par exemple : « Le gouvernement prépare-t-il secrètement… ? »

Vous n’affirmez rien, vous posez une question. Et si quelqu’un vous reproche de raconter n’importe quoi : « On n’a même plus le droit de s’interroger ? »

La liberté d’expression est sauvée.

Deuxième règle : choisissez soigneusement votre source.

Évitez les organismes officiels, les rapports publics et les spécialistes reconnus, ils risquent de compliquer inutilement les choses. Préférez : Un ami bien placé, Le cousin d’un gendarme ou quelqu’un qui travaille dans le milieu.

Comme disait notre regretté Coluche « les milieux autorisés » Plus le milieu reste indéterminé, plus l’information gagne en crédibilité. Au niveau supérieur, ajoutez : « Je ne peux évidemment pas donner son nom. »

Troisième règle : soignez la présentation.

Une information douteuse écrite normalement reste douteuse. La même, écrite en majuscules avec six points d’exclamation, devient beaucoup plus inquiétante :

URGENT !!!!!! À PARTAGER MASSIVEMENT !!!!!! LES MÉDIAS N’EN PARLERONT PAS !!!!!!

Il semble qu’à partir du quatrième point d’exclamation l’esprit critique commence à faiblir.

Quatrième règle : annoncez la censure avant qu’elle n’ait lieu. Écrivez : Regardez vite avant que cet article soit supprimé !!!!!!

Même s’i est en ligne depuis 2019 et totalise vingt-huit millions de vues. Un article que personne ne veut supprimer présente peu d’intérêt. Un article que « le système veut absolument faire disparaître » devient immédiatement passionnant.

Et s’il n’est finalement jamais supprimé, n’en concluez surtout pas que personne ne voulait le censurer. Concluez par : la mobilisation a payé.

Cinquième règle : ne vérifiez jamais vous-même. Vous risqueriez de découvrir que c’est faux, contentez-vous de préciser : « Je partage, chacun se fera son opinion. » ou « Je ne sais pas si c’est vrai, mais si c’est vrai c’est grave. »

Voilà comment transformer l’absence totale d’information en sujet d’inquiétude nationale.

Sixième règle : si un démenti arrive, ne vous découragez surtout pas. Au contraire, le démenti devient une preuve supplémentaire.

— C’est faux.

— Évidemment qu’ils disent que c’est faux !

Votre théorie est désormais invulnérable. Si personne ne la dément, c’est qu’on cherche à l’étouffer, si quelqu’un la dément, c’est qu’on veut la cacher.

Vous venez d’inventer le mouvement perpétuel de la connerie. Énergie totalement renouvelable, Marine Tondelier devrait apprécier.

Dernière règle : faites travailler les autres.

Une bonne fake news ne doit jamais terminer sa carrière chez celui qui l’a créée. Elle doit circuler, Gérard l’envoie à Josiane, Josiane la transmet à son beau-frère, le beau-frère la poste sur Facebook. Quelqu’un ajoute :« Ça circule beaucoup. »

Et voilà. La quantité vient de devenir un critère de qualité.

Une rumeur répétée cent mille fois n’est toujours pas vraie ; elle devient simplement assez familière pour que certains finissent par se demander pourquoi on la conteste encore. À ce stade, le troll russe peut fermer son ordinateur. Nous faisons le reste nous-mêmes.

Poutine peut retourner à l’Ukraine : il a sous-traité.

Après Philippe, Attal et Glucksmann, une inquiétude supplémentaire me traversa soudain, et si les Russes s’en prenaient aussi aux Verts ?

Il ne manquerait plus que Marine Tondelier s’attire, elle aussi, les foudres de Moscou après celles d’Elon MUSK.

Là, pour Poutine, la situation deviendrait franchement incontrôlable.

Camarade Président !

Quoi encore ?

Tondelier vient de gagner un point.

Poutine se fige.

Déclenchez Strijka-27. (Strijka : la tonte. En référence au vieux métier de tondeur de drap ou de laine) Cette fois, le FSB avait vraiment travaillé l’étymologie.

D’ailleurs, pourquoi réserver aux Russes le privilège de choisir notre président ?

Si l’élection française présente un tel intérêt stratégique, chaque puissance étrangère devrait naturellement avoir son candidat.

  • Les Américains préféreront celui qui achètera leurs avions.
  • Les Chinois celui qui achètera leurs panneaux solaires.
  • Les Allemands celui qui continuera d’acheter leurs voitures.
  • Les Italiens celui qui défendra le Prosecco contre les prétentions hégémoniques du champagne.
  • Les Suisses choisiront celui qui ne posera pas trop de questions sur les comptes.
  • Le Luxembourg attendra prudemment de connaître le programme fiscal avant de se prononcer.
  • Quant aux Belges, ils soutiendront celui qui reconnaîtra enfin officiellement que les frites sont belges.

À ce rythme, la présidentielle pourrait devenir une sorte d’Eurovision géopolitique.

Washington attribuerait ses douze points, Moscou contesterait le dépouillement, Pékin couperait le micro, Bruxelles demanderait une harmonisation du règlement, et la Belgique déposerait une réclamation parce qu’on aurait servi les frites avec du ketchup.

Chaque candidat pourrait même afficher son sponsor :

« Ce candidat vous est présenté avec le soutien de la République populaire de Chine. Pour votre santé démocratique, évitez les réseaux sociaux entre les repas. »

Mais un problème subsiste, si tous les pays étrangers choisissent notre président…qui restera-t-il aux Français ?

Car il existe une forme d’ingérence dont personne ne parle suffisamment :

Chapitre 2 l’ingérence intérieure.

Elle est pourtant massive, des dizaines de millions d’individus pourraient intervenir directement dans l’élection présidentielle de 2027. Ils vivent principalement en France, ils possèdent une carte électorale et, circonstance aggravante, ils ont le droit de voter.

Les services spécialisés les appellent encore : les électeurs.

Le résultat d’une élection possède d’ailleurs aujourd’hui deux interprétations possibles.

Si notre candidat gagne : Le peuple s’est exprimé. La démocratie a triomphé.

S’il perd : Il faudra tout de même analyser sérieusement le rôle des réseaux sociaux, des algorithmes, des fake news et des puissances étrangères. Et le sempiternel « on a manqué de pédagogie »

À 19 h 59, le Français est encore un citoyen éclairé exerçant souverainement son libre arbitre.

À 20 h 03, s’il a mal voté, il devient une personne vulnérable ayant probablement subi une opération cognitive pilotée depuis Vladivostok.

Le bulletin possède ainsi une étonnante faculté de changement de nationalité. Quand il nous convient, il est français, quand il ne nous convient pas, on vérifie son adresse IP. On enquêtera donc sur Moscou, Pékin, Washington, TikTok, Telegram, les bots, les trolls et les algorithmes.

Et lorsque toutes les pistes étrangères auront été éliminées, il faudra envisager l’hypothèse la plus inquiétante :

Les Français auraient pu voter exprès. Au Kremlin, Poutine convoquera son état-major.

— Qui est responsable ?

— Nous ne savons pas, camarade Président.

— Les Américains ?

— Non.

— Les Chinois ?

— Non.

— Une cyberattaque ?

— Aucune.

— Alors qui ?

Le général baissera les yeux.

— Les Français.

Long silence.

— Ils sont capables de ça ?

Il faudra certainement trouver un nom à ce nouveau péril : l’ingérence intérieure. Autrefois, on appelait ça le suffrage universel.

Pendant que les puissances étrangères tentent donc de choisir notre président et que les Français menacent eux-mêmes de s’en mêler, regardons un peu nos candidats.

À force de voir pousser les prétendants sur tous les bords, on finit par suspecter une véritable candidose de candidats.

Pour aider l’électeur désemparé je vais vous en profiler quelques-uns sans que cela puisse profiter à personne.

La campagne commence sérieusement à ressembler à un péplum.

Marine Tondelier endossera naturellement le rôle de Chloris. Chez les Grecs, khlôros désigne notamment le vert tendre, le vert jaunâtre, la couleur des jeunes pousses. Pour le vert tendre, chacun jugera ; pour le jaunâtre, attendons la campagne. On pouvait difficilement trouver mieux pour une écologiste. Chloris est également le nom d’un astéroïde, les astronomes surveillent sa trajectoire ; les sondeurs, celle de Tondelier. Dans les deux cas, son poids électoral ne semble pas, pour l’instant, menacer la planète.

Cela n’empêche évidemment pas Poutine de rester vigilant. D’autant que Tondelier défend les éoliennes.

Logique.

Elle aussi brasse beaucoup de vent.

Au moins pourra-t-on produire de l’électricité pendant la campagne.

Le mix énergétique politique français est d’ailleurs presque complet. À gauche, Tondelier fournit l’éolien, tandis que LFI développe les Panot solaires.

À droite, quelques watts Wauquiez, des réacteurs Retailleau et, pour les jours sans vents, quelques selles marchandes de Bardella pourront assurer le relais. (Les jours sans vents*, on repassera à la traction animale)

*Blague un peu tirée par les chevaux, j’en conviens                                            .

Quant à Marine, l’offshore. For sure.

Avec un tel dispositif, la France devrait atteindre l’autonomie énergétique bien avant d’obtenir une majorité.

Attal hante déjà ses concurrents, Nouvel avatar d'Atalante, il s’élance dans la course vers l’Élysée.Mais gare à Hippomène… la danse. Dans le mythe, Hippomène réussit à battre Atalante grâce à trois pommes d’or. Aujourd’hui, trois bons sondages, quelques ralliements et deux alliances de circonstance produisent sensiblement le même effet.

Raphaël Glucksmann, lui, bénéficie d’un patrimoine linguistico-musico-mythologique exceptionnel. Glück signifie bonheur en allemand, voilà déjà un programme électoral. Et puisque Gluck composa Orphée et Eurydice, Raphaël peut se rêver en nouvel Orphée chargé de ramener la gauche des Enfers.Une seule précaution : ne surtout pas se retourner vers Mélenronchon

Jean-Luc, Sisyphe de la VIe République, pousse quant à lui depuis des années son rocher vers l’Élysée, les sondages montent, les sondages redescendent. Jean-Luc recommence. il faut reconnaître à Sisyphe une qualité : la persévérance.

Tous ces candidats sont de véritables Himéros de la République, éprouvant une passion ardente pour le poste suprême. Certains, à l’image de Strauss-Kahn autrefois, ont simplement parfois eu du mal à distinguer l’objet du désir.

Pour les autres, aucune ambiguïté, c’est l’Élysée, ils le veulent, ils le désirent, ils le convoitent, tout en expliquant naturellement qu’ils ne pensent absolument pas à 2027,  au cours d’interviews sur leurs ambitions.

Bruno Retailleau cherche pendant ce temps le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe LR. Le problème est que plusieurs prétendants tiennent chacun un bout du fil et partent dans des directions différentes.

Laurent Wauquiez, transformé pour l’occasion en Wauquyrie, piaffe dans le Valhalla en attendant qu’on lui fournisse un cheval électoral.

David Lisnard devient Lysandre de la Croisette, stratège spartiate préparant ses phalanges depuis Cannes. Sparte avait ses hoplites, Cannes a ses palmiers, Il faut savoir adapter ses ambitions aux moyens disponibles.

Édouard Philippe, avatar improbable de Démosthène, pourra toujours décocher quelques Philippiques reste à savoir elles le mèneront à l’Élysée ou lui en vaudront quelques uns...*

*je précise : d’avatars, précision pour quelques lecteurs à l’encéphalogramme mou

Après le péplum, la campagne prend le large.

Chapitre 1 l’ingérence extérieure

J’étais en train de me faire bouillir les neurones sur mon prochain conseil pour les programmes aux différents candidats à la présidentielle, navigant entre la sécurité sociale, les retraites ou autre sujet éternel, lorsqu’un titre dans libération me sauta aux yeux :

« Philippe, Attal et Glucksmann ciblés par des ingérences russes : la campagne présidentielle dans les enfumages du Kremlin. »

lire l'article les enfumages du Kremlin

Quoi ? Poutine aurait donc déjà commencé à faire son marché pour 2027 ?

J’avoue avoir vacillé.

Pendant que nous le pensions occupé par l’Ukraine, l’OTAN, Trump, les sanctions et quelques missiles nucléaires, Vladimir Vladimirovitch trouverait encore le temps de surveiller les ambitions d’Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann.

Je savais la Russie expansionniste. Je ne la savais pas aussi électoraliste.

J’imaginai aussitôt le bunker du Kremlin.

— Vladimir Vladimirovitch, nous avons un problème.

— L’OTAN ?

— Non.

— L’Ukraine ?

— Non plus.

— Alors quoi ?

— Attal remonte dans les sondages.

Poutine blêmit.

— Et Glucksmann ?

— Lui aussi.

— Philippe ?

— Toujours là.

Long silence.

Dans la tête de Poutine ça bouillonne

— Déclenchez immédiatement l’Opération Bortsch-27

— Objectif ?

— Faire mijoter la campagne française jusqu’à ce que plus personne ne sache ce qu’il y a dans la soupe.

Des satellites sont repositionnés, des agents dormants sont réveillés, des informaticiens sont mobilisés.

Mais avant d’investir des milliards de roubles dans la désinformation, nos amis russes devraient regarder ce dont nous sommes capables tout seuls.

Pourquoi sous-traiter à Moscou ce que nous pouvons parfaitement produire en circuit court ?

Pour ne pas laisser trop de place aux étrangers et en particulier aux Russes nous proposons de créer une formation pour nos propres ingérotistes (néologisme Coustounien mélange subtil* d’ingérence et de complotiste)

*« je ne vous le fais pas dire ! »

Pour faire un bon ingérotiste fake-newseur :

Première règle : ne jamais inventer une information entièrement fausse.

C’est beaucoup trop fatigant, prenez plutôt un fait réel, coupez-en la moitié, oubliez le contexte, ajoutez un point d’interrogation.

Par exemple : « Le gouvernement prépare-t-il secrètement… ? »

Vous n’affirmez rien, vous posez une question. Et si quelqu’un vous reproche de raconter n’importe quoi : « On n’a même plus le droit de s’interroger ? »

La liberté d’expression est sauvée.

Deuxième règle : choisissez soigneusement votre source.

Évitez les organismes officiels, les rapports publics et les spécialistes reconnus, ils risquent de compliquer inutilement les choses. Préférez : Un ami bien placé, Le cousin d’un gendarme ou quelqu’un qui travaille dans le milieu.

Comme disait notre regretté Coluche « les milieux autorisés » Plus le milieu reste indéterminé, plus l’information gagne en crédibilité. Au niveau supérieur, ajoutez : « Je ne peux évidemment pas donner son nom. »

Troisième règle : soignez la présentation.

Une information douteuse écrite normalement reste douteuse. La même, écrite en majuscules avec six points d’exclamation, devient beaucoup plus inquiétante :

URGENT !!!!!! À PARTAGER MASSIVEMENT !!!!!! LES MÉDIAS N’EN PARLERONT PAS !!!!!!

Il semble qu’à partir du quatrième point d’exclamation l’esprit critique commence à faiblir.

Quatrième règle : annoncez la censure avant qu’elle n’ait lieu. Écrivez : Regardez vite avant que cet article soit supprimé !!!!!!

Même s’il est en ligne depuis 2019 et totalise vingt-huit millions de vues. Un article que personne ne veut supprimer présente peu d’intérêt. Un article que « le système veut absolument faire disparaître » devient immédiatement passionnant.

Et s’il n’est finalement jamais supprimé, n’en concluez surtout pas que personne ne voulait le censurer. Concluez par : la mobilisation a payé.

Cinquième règle : ne vérifiez jamais vous-même. Vous risqueriez de découvrir que c’est faux, contentez-vous de préciser : « Je partage, chacun se fera son opinion. » ou « Je ne sais pas si c’est vrai, mais si c’est vrai c’est grave. »

Voilà comment transformer l’absence totale d’information en sujet d’inquiétude nationale.

Sixième règle : si un démenti arrive, ne vous découragez surtout pas. Au contraire, le démenti devient une preuve supplémentaire.

— C’est faux.

— Évidemment qu’ils disent que c’est faux !

Votre théorie est désormais invulnérable. Si personne ne la dément, c’est qu’on cherche à l’étouffer, si quelqu’un la dément, c’est qu’on veut la cacher.

Vous venez d’inventer le mouvement perpétuel de la connerie. Énergie totalement renouvelable, Marine Tondelier devrait apprécier.

Dernière règle : faites travailler les autres.

Une bonne fake news ne doit jamais terminer sa carrière chez celui qui l’a créée. Elle doit circuler, Gérard l’envoie à Josiane, Josiane la transmet à son beau-frère, le beau-frère la poste sur Facebook. Quelqu’un ajoute :« Ça circule beaucoup. »

Et voilà. La quantité vient de devenir un critère de qualité.

Une rumeur répétée cent mille fois n’est toujours pas vraie ; elle devient simplement assez familière pour que certains finissent par se demander pourquoi on la conteste encore. À ce stade, le troll russe peut fermer son ordinateur. Nous faisons le reste nous-mêmes.

Poutine peut retourner à l’Ukraine : il a sous-traité.

Après Philippe, Attal et Glucksmann, une inquiétude supplémentaire me traversa soudain, et si les Russes s’en prenaient aussi aux Verts ?

Il ne manquerait plus que Marine Tondelier s’attire, elle aussi, les foudres de Moscou après celles d’Elon MUSK.

Là, pour Poutine, la situation deviendrait franchement incontrôlable.

Camarade Président !

Quoi encore ?

Tondelier vient de gagner un point.

Poutine se fige.

Déclenchez Strijka-27. (Strijka : la tonte. En référence au vieux métier de tondeur de drap ou de laine) Cette fois, le FSB avait vraiment travaillé l’étymologie.

D’ailleurs, pourquoi réserver aux Russes le privilège de choisir notre président ?

Si l’élection française présente un tel intérêt stratégique, chaque puissance étrangère devrait naturellement avoir son candidat.

  • Les Américains préféreront celui qui achètera leurs avions.
  • Les Chinois celui qui achètera leurs panneaux solaires.
  • Les Allemands celui qui continuera d’acheter leurs voitures.
  • Les Italiens celui qui défendra le Prosecco contre les prétentions hégémoniques du champagne.
  • Les Suisses choisiront celui qui ne posera pas trop de questions sur les comptes.
  • Le Luxembourg attendra prudemment de connaître le programme fiscal avant de se prononcer.
  • Quant aux Belges, ils soutiendront celui qui reconnaîtra enfin officiellement que les frites sont belges.

À ce rythme, la présidentielle pourrait devenir une sorte d’Eurovision géopolitique.

Washington attribuerait ses douze points, Moscou contesterait le dépouillement, Pékin couperait le micro, Bruxelles demanderait une harmonisation du règlement, et la Belgique déposerait une réclamation parce qu’on aurait servi les frites avec du ketchup.

Chaque candidat pourrait même afficher son sponsor :

« Ce candidat vous est présenté avec le soutien de la République populaire de Chine. Pour votre santé démocratique, évitez les réseaux sociaux entre les repas. »

Mais un problème subsiste, si tous les pays étrangers choisissent notre président…qui restera-t-il aux Français ?

Car il existe une forme d’ingérence dont personne ne parle suffisamment :

Chapitre 2 l’ingérence intérieure.

Elle est pourtant massive, des dizaines de millions d’individus pourraient intervenir directement dans l’élection présidentielle de 2027. Ils vivent principalement en France, ils possèdent une carte électorale et, circonstance aggravante, ils ont le droit de voter.

Les services spécialisés les appellent encore : les électeurs.

Le résultat d’une élection possède d’ailleurs aujourd’hui deux interprétations possibles.

Si notre candidat gagne : Le peuple s’est exprimé. La démocratie a triomphé.

S’il perd : Il faudra tout de même analyser sérieusement le rôle des réseaux sociaux, des algorithmes, des fake news et des puissances étrangères. Et le sempiternel « on a manqué de pédagogie »

À 19 h 59, le Français est encore un citoyen éclairé exerçant souverainement son libre arbitre.

À 20 h 03, s’il a mal voté, il devient une personne vulnérable ayant probablement subi une opération cognitive pilotée depuis Vladivostok.

Le bulletin possède ainsi une étonnante faculté de changement de nationalité. Quand il nous convient, il est français, quand il ne nous convient pas, on vérifie son adresse IP. On enquêtera donc sur Moscou, Pékin, Washington, TikTok, Telegram, les bots, les trolls et les algorithmes.

Et lorsque toutes les pistes étrangères auront été éliminées, il faudra envisager l’hypothèse la plus inquiétante :

Les Français auraient pu voter exprès. Au Kremlin, Poutine convoquera son état-major.

— Qui est responsable ?

— Nous ne savons pas, camarade Président.

— Les Américains ?

— Non.

— Les Chinois ?

— Non.

— Une cyberattaque ?

— Aucune.

— Alors qui ?

Le général baissera les yeux.

— Les Français.

Long silence.

— Ils sont capables de ça ?

Il faudra certainement trouver un nom à ce nouveau péril : l’ingérence intérieure. Autrefois, on appelait ça le suffrage universel.

Pendant que les puissances étrangères tentent donc de choisir notre président et que les Français menacent eux-mêmes de s’en mêler, regardons un peu nos candidats.

À force de voir pousser les prétendants sur tous les bords, on finit par suspecter une véritable candidose de candidats.

Pour aider l’électeur désemparé je vais vous en profiler quelques-uns sans que cela puisse profiter à personne.

La campagne commence sérieusement à ressembler à un péplum.

Marine Tondelier endossera naturellement le rôle de Chloris. Chez les Grecs, khlôros désigne notamment le vert tendre, le vert jaunâtre, la couleur des jeunes pousses. Pour le vert tendre, chacun jugera ; pour le jaunâtre, attendons la campagne. On pouvait difficilement trouver mieux pour une écologiste. Chloris est également le nom d’un astéroïde, les astronomes surveillent sa trajectoire ; les sondeurs, celle de Tondelier. Dans les deux cas, son poids électoral ne semble pas, pour l’instant, menacer la planète.

Cela n’empêche évidemment pas Poutine de rester vigilant. D’autant que Tondelier défend les éoliennes.

Logique.

Elle aussi brasse beaucoup de vent.

Au moins pourra-t-on produire de l’électricité pendant la campagne.

Le mix énergétique politique français est d’ailleurs presque complet. À gauche, Tondelier fournit l’éolien, tandis que LFI développe les Panot solaires.

À droite, quelques watts Wauquiez, des réacteurs Retailleau et, pour les jours sans vents, quelques selles marchandes de Bardella pourront assurer le relais. (Les jours sans vents*, on repassera à la traction animale)

*Blague un peu tirée par les chevaux, j’en conviens                                            .

Quant à Marine, l’offshore. For sure.

Avec un tel dispositif, la France devrait atteindre l’autonomie énergétique bien avant d’obtenir une majorité.

Attal hante déjà ses concurrents, Nouvel avatar d'Atalante, il s’élance dans la course vers l’Élysée. Mais gare à Hippomène… la danse. Dans le mythe, Hippomène réussit à battre Atalante grâce à trois pommes d’or. Aujourd’hui, trois bons sondages, quelques ralliements et deux alliances de circonstance produisent sensiblement le même effet.

Raphaël Glucksmann, lui, bénéficie d’un patrimoine linguistico-musico-mythologique exceptionnel. Glück signifie bonheur en allemand, voilà déjà un programme électoral. Et puisque Gluck composa Orphée et Eurydice, Raphaël peut se rêver en nouvel Orphée chargé de ramener la gauche des Enfers.Une seule précaution : ne surtout pas se retourner vers Mélenronchon

Jean-Luc, Sisyphe de la VIe République, pousse quant à lui depuis des années son rocher vers l’Élysée, les sondages montent, les sondages redescendent. Jean-Luc recommence. il faut reconnaître à Sisyphe une qualité : la persévérance.

Tous ces candidats sont de véritables Himéros de la République, éprouvant une passion ardente pour le poste suprême. Certains, à l’image de Strauss-Kahn autrefois, ont simplement parfois eu du mal à distinguer l’objet du désir.

Pour les autres, aucune ambiguïté, c’est l’Élysée, ils le veulent, ils le désirent, ils le convoitent, tout en expliquant naturellement qu’ils ne pensent absolument pas à 2027,  au cours d’interviews sur leurs ambitions.

Bruno Retailleau cherche pendant ce temps le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe LR. Le problème est que plusieurs prétendants tiennent chacun un bout du fil et partent dans des directions différentes.

Laurent Wauquiez, transformé pour l’occasion en Waulquyrie, piaffe dans le Valhalla en attendant qu’on lui fournisse un cheval électoral.

David Lisnard devient Lysandre de la Croisette, stratège spartiate préparant ses phalanges depuis Cannes. Sparte avait ses hoplites, Cannes a ses palmiers, Il faut savoir adapter ses ambitions aux moyens disponibles.

Édouard Philippe, avatar improbable de Démosthène, pourra toujours décocher quelques Philippiques reste à savoir elles le mèneront à l’Élysée ou lui en vaudront quelques-uns...*

*je précise : d’avatars, précision pour quelques lecteurs à l’encéphalogramme mou

Après le péplum, la campagne prend le large.

Dans les brumes de Corrèze réapparaît régulièrement le Hollandais volant, condamné à errer sans fin pour avoir osé défier Nicolas Sarkozy et laissé derrière lui un PS en état de naufrage avancé. On croyait François Hollande disparu au large depuis 2017. Et puisqu’il y a un Hollandais volant, la Royale ne pouvait pas être bien loin, Ségolène n’a jamais complètement désarmé. Après tout, dans la Marine comme en politique, les vieux bâtiments font parfois l’objet d’une remise à flot.

Nous disposons donc du Hollandais volant, de la Royale et de deux Marines. À ce stade, la présidentielle relève davantage de l’Amirauté que du Conseil constitutionnel.

Il ne manque plus que Glaucos, divinité marine dont les aventures sentimentales finirent par transformer une nymphe en monstre. En politique aussi, certaines alliances produisent parfois des créatures inattendues. À force de mésalliances, de primaires, de contre-primaires, de désistements et de candidatures uniques comptant plusieurs candidats, tout cela devient franchement Glaucos.

Nos héros n’en continuent pas moins de rêver.  Tous espèrent désormais la même intervention divine :

Zéphyr ce petit vent doux et favorable qui gonflerait leurs voiles, ferait monter leurs sondages et les pousserait tranquillement jusqu’au perron de l’Élysée, si possible sans rencontrer les vents contraires du suffrage universel. Et voilà que la mythologie elle-même nous ramène au début de notre histoire.

Car Zéphyr est précisément lié à Chloris Tondelier était donc prédestinée.

Attal hante, Hippomène la danse, Glucksmann promet le Glück, Sisyphe Mélenronchon ronchonne et pousse, Lysandre manœuvre, la Wauquyrie chevauche, le Hollandais vole, la Royale appareille, Chloris verdit. À ce stade, il ne manque plus que Jupiter.

Ah non. Celui-là, on l’a déjà eu.

Tous rêvent donc du Zéphyr providentiel qui les pousserait doucement vers l’Élysée. Mais les lois de la météorologie électorale sont parfois cruelles, et à force de brasser du vent, il y en a bien quelques-uns qui finiront par s’en prendre un.

Vos Populi vox Aeoli

Nota bene : les naufragés du scrutin pourront toujours rejoindre le radeau des Médusés et mettre le cap sur France Travail.( voir mon article précédent  )

Votre Coustou dévoué.

 

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
Amusant, souvent très bien vu mais ... voir le commentaire de Bedeau. En élaguant le "un peu moins bon", il ne resterait que le meilleur.
Répondre
C
Bedeau fait des émules ! Les élagueurs étant tous occupés par les tempêtes, dès qu’il y en a un qui se libère, promis, je lui confie Coustou. À lui de séparer le grain de folie de l’ivraie… Bon courage. Et vous remarquerez que, par pure provocation, j’ai réussi à faire court.
B
C'est dommage que ce soit toujours aussi long
Répondre
C
bonsoir<br /> J’avoue à ma grande honte que, malgré vos avertissements répétés, je n’ai toujours pas réussi à faire court. Je pense que c’est tout simplement atavique. Mais je ne désespère pas, un jour, de faire un article de trois lignes. Je promets de chercher sérieusement la méthode… quitte à faire de ce sujet mon prochain article de réflexion, en quatre volumes et quelques annexes.<br /> Bonne soirée