blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.
Il était une fois, dans un royaume fort endetté, un vaillant petit taxeur.
Chaque matin, il ouvrait les comptes du royaume, poussait un profond soupir et déclarait:
« Je ne suis pas pour les taxes… mais… »
Puis il en inventait une. Un jour particulièrement faste, il en trouva sept.
Ravi de son exploit, il fit broder sur sa ceinture :
SEPT D’UN COUP !
Mais tandis que le petit taxeur faisait broder sa ceinture, le contribuable, lui, resserrait la sienne. Et sur sa ceinture à lui, on pouvait lire : JE ME SERRE, ILS SE SERVENT.
Ainsi commença la merveilleuse histoire du Vaillant Petit Taxeur.
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Que les frères Grimm me pardonnent ce crime parodisiaque...
Il existe des phrases politiques qui gagneraient à être livrées avec leur traduction simultanée.
« Je ne suis pas pour les taxes… mais… » signifie généralement :
« Je vais vous en présenter une nouvelle. »
La formule a réellement été employée par le ministre du Commerce Serge Papin à propos de l’extension envisagée de la taxation des produits sucrés, en invoquant notamment l’obésité et le diabète.
Le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre, comporte effectivement plusieurs créations, prolongations ou augmentations de prélèvements : produits sucrés, assurances automobiles, transport maritime, infrastructures de transport, etc. Le gouvernement précise parallèlement qu’il n’envisage pas de hausse générale des impôts.
En somme : pas d’augmentation générale, seulement plusieurs augmentations particulières.
La nuance est importante: surtout pour celui qui paie.
SUCREZ, C’EST TAXÉ
Le sucre est mauvais pour la santé, il favorise l’obésité, donc,
naturellement : taxons le. On pourrait appeler ça la taxe Sucrman. (Zucman, elle était inévitable celle-là)
L’intention affichée est sanitaire. Mais puisqu’il s’agit de lutter contre l’obésité, une question vient immédiatement à l’esprit : à quand le régime de l’État ? Car si l’on demande au citoyen de diminuer le sucre, le gras et le sel, les dépenses publiques semblent disposer d’un régime beaucoup plus accommodant. A ce rythme, le Parlement finira d’ailleurs par changer de nom. Il ne s’appellera plus Parlement, il s’appellera : LA DIÈTE
Avec une Chambre basse en calories et un Sénat sans sucres ajoutés.
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PASSE-MOI LE SEL...
Mais pourquoi s’arrêter au sucre ? Le sel aussi est mauvais lorsqu’il est consommé en excès. Et là, inutile de faire travailler une commission d’experts pendant six mois. Nous avons déjà la solution.
Rétablissons la gabelle. (sur une idée de mon ami Jean-Pierre Laparre)
La France a en effet une longue expérience de la taxation du sel : la gabelle a existé sous l’Ancien Régime, a été abolie pendant la Révolution, rétablie au XIXe siècle et n’a définitivement disparu qu’en 1945.
Comme quoi, en fiscalité, l’innovation consiste parfois simplement à ouvrir les vieux dossiers. Le sel, paraît-il, favorise la rétention d’eau.
Voilà qui devrait inspirer certaines institutions, comme le Sénat et l'Assemblée Nationale, déjà parfaitement rompues à diverses formes de rétention : rétention de rapports, rétention de documents, rétention de justificatifs de frais…
Après le sucre, le sel.
Bonne nouvelle pour l’emploi : la gabelle revient, les gabelous aussi.
A force de vouloir assaisonner notre santé, ils finissent surtout par saler l’addition. Et il n’est pas certain qu’une addition aussi salée soit excellente pour notre tension.
POUR NOTRE BIEN
Une fois le principe admis, les perspectives deviennent prodigieuses.
Tout cela, naturellement, pour notre bien.
(C'est pour notre bien ou pour sucrer les nôtres? )
Pour combler les déserts médicaux nous aurons bientôt des docteurs-percepteurs :
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Autrefois, l’État prélevait parce qu’il avait besoin d’argent, aujourd’hui, il peut aussi le faire pour notre santé. C’est tout de même beaucoup plus attentionné.
COMBIEN DE TAXES AVONS-NOUS ?
Il devient d’ailleurs difficile de répondre simplement à la question : combien existe-t-il de taxes en France ? Le chiffre dépend de ce que l’on compte : impôts, contributions, accises, taxes locales, taxes affectées, prélèvements sectoriels…Une chose est sûre : Nous ne savons peut-être pas combien de taxes nous payons, mais elles savent toutes où nous trouver.
ET LES PIANOS ?
Je tiens néanmoins à adresser un avertissement solennel aux pouvoirs publics. S’il leur venait un jour l’idée de rétablir une taxe sur les pianos, j'en possède trois . Ils partiraient immédiatement en Suisse.
Ce ne serait pas de l’évasion fiscale. Juste une fugue. A trois voix.
Et puisqu’en France tout finit par des chansons, nous terminerons donc tous en chœur, sur un vieux refrain de Dréan (1920) revisité par les Charlots en 1973 :
CACH’ TON PIANO
Si tu n’veux pas payer d’impôts,
cach’ ton piano…
A cappella, évidemment, les pianos ont fugué en Suisse.
VENI, VIDI, TAXAVI
(Je suis venu, j’ai vu, j’ai taxé.)
Votre Coustou dévoué
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