blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.
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Cet article vous paraît un peu long ?
Rassurez vous : comparé au Code général des impôts c'est un post-it
Mon attention a été attirée ces derniers jours par l’annonce d’une nouvelle « piste d’exploration » : celle d’une taxation de l’épargne salariale. Une piste ?
J’ai regardé par la fenêtre. Pas de neige. Nous ne sommes même pas encore en hiver.
Alors pourquoi ouvrir des pistes maintenant ? C’est pour nous faire skier ou quoi ?
En lisant la suite, j’ai compris. Il ne s’agissait ni de ski alpin, ni de ski de fond. Il s’agissait encore de fiscalité. Enfin… de skiscalité.
Et là, tout s’explique. À Bercy, on ouvre des pistes toute l’année.
Des vertes, des bleues, des rouges…et des pas mûres.
Mais surtout des noires.
Et contrairement aux stations de ski, nul besoin de remontées mécaniques : les prélèvements, eux, ne font que monter.
De fil en aiguille, (du Midi, bien sûr) je me suis demandé où pouvaient bien conduire toutes ces nouvelles pistes.
De l’épargne au patrimoine, du logement à la voiture, des successions à la consommation, nos explorateurs semblent décidés à parcourir méthodiquement tous les territoires où subsistent encore quelques euros.
D’où une question toute simple : qu’est-ce qu’il leur reste encore à taxer ? J’ai chaussé les skis et je suis parti explorer. Vous allez voir : ça descend très vite.
A force de nous submerger de taxes, on va finir par la boire la taxe.
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Reconstitution totalement fictive : le Professeur Coustou n’a jamais été aperçu aussi longtemps debout sur des skis.
Il fut un temps où gouverner consistait à prévoir. Aujourd’hui, gouverner consiste surtout à prélever.
A peine une idée nouvelle traverse-t-elle l’esprit d’un responsable politique qu’une question essentielle surgit :« Est-ce qu’on pourrait la taxer ? »
Car la France possède une particularité remarquable : nous ne savons pas toujours résoudre un problème, mais nous savons presque toujours lui trouver une assiette.
Autrefois, on mettait toujours une assiette pour le pauvre. Aujourd’hui, avec les assiettes fiscales, on fabrique les pauvres.
Vous avez de l’argent ? On taxe l’argent. Vous gagnez de l’argent ? On taxe ce que vous gagnez.
Vous dépensez l’argent qui reste ? On taxe ce que vous achetez.
Vous placez ce que vous n’avez pas dépensé ? On taxe ce que ça rapporte.
Vous achetez une maison ? On taxe. Vous la gardez ? On taxe.
Vous la vendez ? On taxe.
Et si, malgré tous nos efforts, il vous reste encore quelque chose au moment de mourir, rassurez-vous :nous avons prévu la suite.
Le système fiscal français présente ainsi une qualité exceptionnelle : il vous accompagne toute votre vie et, contrairement à beaucoup de vos proches, il vient même à votre enterrement.
NE DITES PLUS « TAXE »
Le gouvernement ne propose plus de nouvelles taxes. C’est beaucoup trop brutal.
Il ouvre des « pistes d’exploration ». Ainsi, l’idée actuellement évoquée de prélever davantage sur l’épargne salariale n’est pas une taxe. C’est une piste.
Vous travaillez. Votre entreprise réalise de bons résultats.
Elle vous verse de l’intéressement ou de la participation.
Plutôt que de tout dépenser, vous avez l’imprudence d’épargner cet argent.
Et c’est précisément à cet instant que l’explorateur fiscal surgit de la jungle :
« Il faut se satisfaire du nécessaire » vous explique l’inspecteur Baloo (Balourd pour les intimes )
Car une piste d’exploration fiscale possède une particularité remarquable :elle finit presque toujours par conduire jusqu’à votre portefeuille.
Bercy est ainsi devenu une sorte de Christophe Colomb de la fiscalité. Chaque matin, les caravelles appareillent à la recherche de territoires encore vierges.
Terra Retreta, les retraités ? Déjà explorée.
Insula Proprietaria , les propriétaires ? Colonie ancienne.
Automobilia , les automobilistes ? Territoire largement conquis.
Mont Everestus Fortunatus , les riches ? Plusieurs expéditions sont déjà en cours.
Colisland , es petits colis et les importations ? Nouvelle terre prometteuse.
Et voici maintenant : Epargnia Salarialis. Participation.Intéressement. Abondement.
Une magnifique contrée que certains explorateurs regardent déjà à la longue-vue.
Et tout au bout de la carte demeure encore une zone entourée de brume :
TERRA INCOGNITA Hic sunt contribuabiles. Ici sont les contribuables.
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LE GRAND CONCOURS LÉPINE FISCAL
La prochaine présidentielle pourrait d’ailleurs abandonner les programmes traditionnels.
Organisons plutôt un concours. Chaque candidat disposerait de cinq minutes pour inventer une taxe qui n’existe pas encore.
Le candidat qui parviendrait à découvrir quelque chose qui n’a encore jamais été taxé serait immédiatement nommé ministre de l’Économie.
N’AYONS PAS PEUR DE REGARDER DERRIÈRE NOUS
On nous reproche parfois d’inventer sans cesse de nouvelles taxes. C’est faux.
Nous savons aussi ressusciter les anciennes.
La France a autrefois connu une taxe sur les pianos. L’idée était excellente, mais terriblement discriminatoire. Pourquoi le pianiste aurait-il été le seul musicien à participer à l’effort national ?
Au nom de l’égalité devant l’impôt, il conviendrait donc d’élargir l’assiette.
Pour les instruments à vent, un bonus-malus écologique pourrait être instauré en fonction des émissions de CO₂. Le pipeau resterait naturellement exonéré.
Il est déjà massivement utilisé par les pouvoirs publics.
Restait le problème des chanteurs. Impossible de taxer leur instrument puisqu’ils l’ont dans la gorge.
Bercy étudie donc une contribution sur les cordes vocales, avec prélèvement à la source. Les chanteurs qui chantent faux ne bénéficieront d’aucune réduction. Au contraire.
La pollution sonore doit, elle aussi, payer sa juste part.
VERS LA TAXATION UNIVERSELLE
Il reste pourtant quelques gisements. La taxe sur les portes, par exemple. Plus votre maison possède de portes, plus vous êtes manifestement privilégié. La taxe sur les fenêtres a déjà existé. Inutile de manquer d’imagination en recommençant exactement la même chose. Taxons plutôt la vue depuis la fenêtre.
Vue sur mer : 300 euros. Vue sur jardin : 150 euros. Vue sur le voisin en slip : dégrèvement fiscal.
On pourrait également instaurer une taxe sur les animaux domestiques calculée en fonction de leur poids. Le hamster deviendrait alors une niche fiscale.
Et pourquoi ne pas taxer les kilomètres parcourus à pied ? Les pouvoirs publics souhaitent que nous marchions davantage pour notre santé.Il serait donc parfaitement logique qu’une fois que nous marcherons tous, ils commencent à nous le faire payer.
IL RESTE ENCORE L’AIR
Les pessimistes prétendent qu’à force de tout taxer, l’État finira par manquer d’idées. Qu’ils se rassurent. Il reste un gisement fiscal absolument considérable :
l’air que nous respirons.
Jusqu’à présent, chaque Français peut inspirer et expirer autant qu’il le souhaite sans verser le moindre centime au Trésor public. Une anomalie fiscale difficilement justifiable. Le principe serait simple : chaque citoyen serait équipé d’un compteur respiratoire communicant :
L'INK’AIRY
Comme pour le Linky, son installation serait naturellement présentée comme gratuite.
Son utilisation, beaucoup moins. L'INK’AIRY transmettrait automatiquement à Bercy le nombre d’inspirations et d’expirations effectuées par chaque contribuable. Un tarif réglementé serait appliqué aux respirations normales, avec majoration aux heures de pointe.
Les sportifs seraient classés « gros consommateurs ». Les apnéistes bénéficieraient d’un crédit d’impôt. Un malus pourrait être appliqué aux personnes qui respirent exagérément.
Et pour éviter toute fraude, l’expiration serait également taxée.
Il serait profondément injuste de ne taxer que l’air entrant alors que l’air sortant constitue manifestement un avantage en nature et une source de pollution.
Resterait à déterminer le taux de TVA applicable. 20 % paraît raisonnable. Après tout, l’air est un produit de première nécessité.
Mais pas au point de le laisser gratuit.
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LE PROFESSEUR COUSTOU VOUS CONSEILLE
Face à cette situation, une seule stratégie patrimoniale paraît désormais totalement défiscalisée : ne rien posséder, ne rien gagner, ne rien acheter, ne rien transmettre et, si possible, ne pas mourir. Pour ce dernier point, Bercy étudie encore le dossier.
Une contribution exceptionnelle pour maintien abusif en vie n’est pas exclue.
Car pour échapper à la taxe sur l’air, il existe évidemment une solution radicale : cesser de respirer.
Mais attention. Les droits de succession prendraient immédiatement le relais. Louis XIV aurait dit : « L’État, c’est moi. »
Trois siècles plus tard, la formule a été modernisée :
« LES TAXES, C’EST MOI ! »
Nos dirigeants, décidément, ne manquent pas d’air.
Et avec le LINK’AIRY, ils pourront enfin mesurer celui qui nous reste. Mais qu’ils le taxent ou non, une chose est certaine :
ils n’ont pas fini de nous pomper l’air.
DUM SPIRO, SOLVO.
(Tant que je respire, je paie)
Votre Coustou dévoué
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