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blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.

Présidentielle 2027 : retour à l’école primaire

Le constat de François Bayrou : conjurer le « risque maximum »

Dans un entretien accordé à France info Bayrou, le triple candidat à l'Élysée formule une mise en garde solennelle à ses partenaires de la majorité et de la droite modérée. Pour lui, le « risque maximum » de l'échéance de 2027 réside dans un duel de second tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche.

Bayrou redoute le « risque maximum ». On se croirait dans un remake de Maximum Risk, avec, dans le rôle-titre, Super Bayrou qui Van Damme le pion…aux extrêmes

 

La primaire entre dans la cour des grands
(enfin, façon de parler)

Penchons nous un instant sur ce besoin primaire de primaire :

Bayrou veut éviter un duel au second tour. Quelques duels dès la primaire simplifieraient pourtant singulièrement le choix des candidatures.

Quand même plus de classe, le duel. On imagine déjà le député jetant sa mitaine au visage de son adversaire, façon Cyrano de Bergerac, avec un tonitruant 
A moi Con.....te deux mots!"*, plutôt que ces affrontements de basse-cour à coups de micros et de petites phrases.

 

* Je vous recommande une large respiration avant la 2ème syllabe


Las ! A défaut de mitaines, nos croque-éponymes ont troqué l’estocade contre la prise de bec… même pas mouchetée.

On va les voir comme d'habitude tels des coqs* dressés sur leurs egos, prêts à se crêper la crête, se bouffer le bec ou, faute d’accord, à en venir aux pattes. 
Ce qui ne les empêchera nullement, l’élu à peine connu, de rallier la basse-cour à grand renfort de caquètements, de battements d’ailes et de protestations d’indéfectible fidélité.

 

* Les candidats battus deviendront des coqs en vain
   ( c'est bon je sors)

Venons-en maintenant au sujet qui nous préoccupe : la primaire.

Je les vois déjà à la télé :

— Retire-toi.
— Non, toi.
— C’est toi qui divises.
— C’est celui qui dit qui y est !

À ce stade, ce n’est plus une primaire. C’est l’école primaire.

Au surplus(qui n'est pas militaire, bien qu'ils jouent leur survie ) la primaire est-elle faite pour le rapprochement des candidats ?
Prenons par exemple le cas de la couleur primaire

Une couleur primaire présente cette particularité remarquable : on ne peut pas l’obtenir par mélange.

Ça tombe bien.

Socialistes, centristes, macronistes, gaullistes : vous pouvez tenter toutes les alliances, additions, fusions, coalitions, tractations et autres combinaziones, impossible d’obtenir exactement la couleur annoncée.
La couleur primaire est impossible à obtenir par mélange.
Le candidat de la primaire aussi, apparemment.

La primaire consiste à élire le candidat qui pourra prétendre à l'Elysée, encore faut-il que les élisants* s’entendent sur l’élu.

*(J’emploie « élisants » à escient. Il fallait bien enrichir le vocabulaire électoral.) Tant pis pour les intégristes de l'Académie française
Ca permet d'éliser les candidats pour l'Elysée

 

Pendant ce temps, les sondages monteront, descendront, tourneront, vireront.
Votant en emporte l'alizé en quelque sorte....
Et chacun découvrira avec stupeur que l’opinion publique est d’une remarquable constance : elle change régulièrement.

La difficulté essentielle demeure néanmoins le choix du candidat unique.
Chaque candidat est intimement convaincu d’être l’unique candidat unique possible.

Le rassemblement obéit à une règle immuable :
« Je suis totalement favorable à l’union derrière un candidat commun. »
Petite pause. « Moi. »

 

La primaire possède, il faut le reconnaître, un vocabulaire d’une richesse insoupçonnée.
Chaque camp dispose de sa prima donna, persuadée naturellement que le premier rôle lui revient. Les autres deviendront après dépouillement de pauvres et misérables primes hères, victimes d’un mécanisme cruel consistant à leur demander leur avis avant de leur expliquer qu’il n’était finalement pas le bon. Les résultats seront annoncés en prime time.
Et chacun pourra, dès le matin, réciter Prime, l’ancienne heure canoniale, afin d’implorer une intervention supérieure sur les sondages.
Nous connaissions : In vino veritas
Il faudra désormais ajouter : In prima veritas.
La primaire possède au moins une vertu : elle révèle immédiatement qui est prêt à se sacrifier pour l’unité. Généralement, l’autre.
A force de primaires, nous finirons peut-être par atteindre le printemps. 
Qui prima vera… primavera.
Autrefois, quelques jours avant le premier tour, on expliquait à l’électeur :
«Nous savons que vous préférez Machin, mais il faut voter Truc pour empêcher Bidule. »
Grâce à la primaire on pourra désormais lui expliquer plusieurs mois auparavant :
« Votez Truc à la primaire pour éliminer Machin, que vous préférez, afin de pouvoir ensuite voter Truc à la présidentielle pour empêcher Bidule, que vous aimez moins encore, de battre Chose, dont vous ne vouliez pas davantage. »
A la fin l'électeur désemparé ne se rappelle plus pour qui il voulait voter au départ.
On ne vote plus pour quelqu’un, on choisit celui qui paraît le plus capable d’empêcher quelqu’un d’autre d’être choisi. C’est beaucoup plus moderne.
Et surtout beaucoup plus reposant : l’électeur n’a même plus besoin d’aimer son candidat.
Et si ça ne marche pas ? Aucun problème. On organisera une deuxième primaire.
Puis une primaire de confirmation, puis une convention chargée de fixer les règles de la nouvelle primaire. Ensuite une commission de conciliation.
Puis un comité de suivi de la commission de conciliation.
Et enfin, si nécessaire, un Haut-Commissariat au Rassemblement des Candidats Uniques Non Unis, le C.U.N.U. Avec un ministre délégué. (voir l'excellent article de Coustou un pb un ministère)

À force de méthode, nous finirons certainement par trouver le candidat idéal.
Peut-être même après l’élection. Ce qui présentera au moins un avantage considérable :
il ne pourra plus la perdre.

François Bayrou voulait éviter la dispersion. Il aura peut-être surtout rappelé cette vérité élémentaire : pour mettre immédiatement tous les candidats d’accord, il suffit de proposer que l’un d’entre eux se retire. Ils deviennent alors unanimes. C’est à l’autre de commencer.
In prima veritas.
Et comme on disait déjà dans la cour de l’école primaire :

C’est celui qui dit qui y est… eleison.*

*Pour mes lecteurs in cultes : Kyrie eleison est une formule grecque signifiant
« Seigneur, prends pitié ». Ce qui, un soir de primaire, peut toujours servir.

 

On peut rajouter:

Pater Emmanuel, dimitte illis, non enim sciunt quid faciunt.
(Père Emmanuel pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.)

Votre Coustou dévoué
 

 

 

 

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B
Il y aurait actuellement une petite trentaine de candidatures officialisées ou éventuelles. <br /> Des médias prévoient déjà une cinquantaine de candidatures possibles en comptant les plus fantaisistes, celles qui n'auront pas les 500 signatures et celles qui n'auront pas de budget suffisant.<br /> Ce que je proposerais, c'est de faire une seule liste, par ordre alphabétique ou par classe d'âge, une seule liste ou l'électeur cocherait une seule et unique case, celle de *son* candidat, et on verra bien<br /> <br /> Y'en a là d'd'ans, hein ?
Répondre
C
Y'en a là d'd'ans, hein ?<br /> Certainement. Et sans même passer par la case primaire.