blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.
Tout est parti d’une publication Facebook et d’un rapprochement aussi improbable qu’irrésistible entre Jean-Jacques Rousseau et Sandrine Rousseau. lire la publication d'Emile Cany
Même nom, quelques siècles d’écart et, disons… des œuvres assez différentes.
De là est née une question parfaitement inutile, donc absolument indispensable : et si chaque siècle avait son équivalent contemporain ?
Il suffisait de tirer le fil. César, Charlemagne, Louis XIV, Calonne, Talleyrand, Voltaire, Napoléon, Robespierre, Machiavel et quelques autres sont alors sortis de leurs tombeaux pour découvrir ce que nous avions fait de leur héritage.
Avec toutes mes excuses à l’Histoire, à la littérature et probablement à quelques vivants.
Inutile de chercher dans ce qui suit quelque logique ou chrono-logique que ce soit.
Les siècles s’y télescopent, les morts fréquentent les vivants, les philosophes côtoient les ministres, la mythologie s’invite à Bercy et l’Histoire est traitée avec tout le respect qu’elle mérite — c’est-à-dire juste assez pour pouvoir la maltraiter en connaissance de cause.
Toute ressemblance avec des personnages ayant existé, existant encore ou ambitionnant obstinément d’exister davantage n’est évidemment pas fortuite.
A chaque siècle son Candide
Candide : croit Pangloss* lorsqu’il lui explique que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
L'Electeur français : croit le candidat qui lui explique qu’avec lui, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Candide, au moins, finit par cultiver son jardin.
*Je fayotte
A chaque siècle son César
César franchit le Rubicon.
Le politique moderne franchit les limites et dépasse même les bornes.
A chaque siècle son Charlemagne
Charlemagne aurait inventé l’école.
Ses successeurs ont surtout perfectionné les réformes Depuis douze siècles, on cherche encore le mode d’emploi. Preuve que, contrairement à ce que prétendait Sheila, l’école n’est toujours pas finie.
A chaque siècle son Louis XIV
On lui prête le fameux :
« L’État, c’est moi. »
Aujourd’hui, ce serait plutôt :
« L’État, on lui prête aussi… mais ce sont le contribuable qui rembourse. »
A chaque siècle son Calonne
Nos dirigeants successifs, dignes héritiers de Charles-Alexandre de Calonne*, ont su perpétuer avec une remarquable constance la touchante tradition des déficits abyssaux.
Au point de donner un sens nouveau au juron préféré du capitaine Haddock :
« 3460 milliards de mille sabords ! »
Mais aujourd’hui, c’est Bercy qui nous saborde à coups de milliards.
Morale : pour les Français… TINTIN !
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Mon running gag façon coccinelle de Gotlib : Petit lexique à l’usage des lecteurs CSP-
-Calonne : Charles-Alexandre de Calonne, contrôleur général des finances de Louis XVI. A ne pas confondre avec la calzone, qui est une pizza repliée. La calzone est farcie
Bercy, une farce.
A chaque siècle son Jupiter
Jupiter : maître de l’Olympe, lance la foudre.
Macron : maître du calendrier, foudre de guerre, provoquant un déplacement massif et rapide d’électeurs porteurs d’une charge négative. Son rayonnement devrait toutefois commencer à s’éteindre début 2027.
L’un gouvernait les dieux. L’autre gouverne sans majorité.
A chaque siècle son Talleyrand
Talleyrand : survit à la Révolution, au Directoire, à l’Empire et à la Restauration.
Bayrou : survit à peu près à tout… et apparemment aussi à la restauration.
La différence, c’est que Talleyrand changeait de régime.
Bayrou attend que le régime revienne à lui… en distribuant généreusement les embonpoints.
A chaque siècle son Colbert
Colbert : tentait de remplir les caisses de Louis XIV.
Bruno Le Maire : a réussi à les vider.
Colbert avait toutefois un avantage : à l’époque, on pouvait encore conquérir la Hollande.
A chaque siècle son Diogène
Diogène : parcourt Athènes avec une lanterne en disant chercher un homme.
L’électeur français : parcourt les listes de candidats en cherchant un président cynique qui éclairera sa lanterne.
Deux mille quatre cents ans plus tard, la recherche continue. « L’espérance est la dernière chose qui meurt dans l’homme. »
À ce rythme là, l’électeur risque de mourir avant elle.
A chaque siècle son Nostradamus
Nostradamus : prédit l’avenir de façon suffisamment obscure pour avoir toujours raison après coup.
L’économiste de plateau télé : exactement pareil, mais avec des graphiques.
Les candidats, oracles et oiseaux de mauvais augure, nous prédisent les dix plaies d’Égypte en jurant qu’eux seuls sauront nous les épargner. Les candidats battus se retrouveront en bas de la gare Montparnasse* où, à défaut d’avoir convaincu les électeurs, ils pourront continuer à transmettre la parole divine.
A force de vouloir nous sauver du déluge, ils finissent par nous embarquer sur l’Arche.
Pas comme passagers : comme financeurs.
Mon running gag façon coccinelle de Gotlib : Petit lexique à l’usage des lecteurs CSP-
*Le Parnasse est une montagne grecque consacrée à Apollon. L’oracle officiait à Delphes, sur les pentes du mont Parnasse. Montparnasse, en revanche, est une gare parisienne principalement consacrée aux retards de la SNCF.
A chaque siècle son Sisyphe
Sisyphe : pousse éternellement son rocher jusqu’au sommet.
Le ministre des Finances : pousse éternellement le déficit sous les 3 %.
Et même avec sept ou huit yphes, il n’y arrive toujours pas. « Il faut imaginer Sisyphe heureux », écrivait Albert Camus.
Le contribuable, lui, a plus de mal.
A chaque siècle son Voltaire
Le XVIIIᵉ avait Voltaire.
Nous avions Twittaire.
On a gagné en caractères ce qu’on a perdu en esprit.
Déçu par les injustices et l’intolérance, Voltaire devint amer. Il se retira dans son fauteuil éponyme, à Ferney.
Ferney-Branca, amer aussi.
Et aujourd’hui ? Voltaire porte plainte contre :
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A chaque siècle son Napoléon
Napoléon voulait conquérir l’Europe.
Aujourd’hui, on commence généralement par essayer de conquérir 289 sièges à l’Assemblée, puis quelques portefeuilles destinés à les remplir.
Et désormais, c’est plutôt l’Europe qui dicte sa loi à nos Napoléon putatifs.
A chaque siècle son Robespierre
Robespierre voulait faire régner la vertu, mais il a fini par prendre un gadin* façon docteur Guillotin.
Aujourd’hui, on se contente généralement de réclamer la vertu chez l’adversaire, tout en cultivant pour soi-même le culte de l’Être suprême.
Suprême de volaille, de préférence, histoire de pouvoir leur voler dans les plumes.
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*Robespierre, lui, a surtout connu la vertu… puis le gadin. Le vertugadin était un accessoire vestimentaire destiné à donner de l’ampleur aux jupes. Le lecteur qui avait trouvé tout seul peut se rengorger pendant que nous secourons charitablement les autres.
A chaque siècle son Machiavel
Machiavel expliquait comment conserver le pouvoir.
Aujourd’hui, ce sont les cabinets de conseil comme McKinsey & Compagnie (McKinsey vs McHiavel, vous l’avez ?) qui facturent la même chose, (très cher) en PowerPoint.
Ainsi va l’Histoire.
Les siècles passent, les empires s’effondrent, les régimes se succèdent, les grands hommes entrent au Panthéon et les candidats entrent en campagne. Les uns nous ont laissé des œuvres, des batailles, des monuments ou quelques bonnes citations. Les autres nous laisseront au moins de quoi écrire.
Et puisque, de César à McKinsey, l’imagination politique semble décidément sans limites, rappelons notre devise :
In commentis comitialibus se semper superare possunt.
Votre Coustou dévoué
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