blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.
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Candidats à l'élection présidentielle, arrêtez de promettre des trucs qui ne marchent pas.
Réduire la dette, équilibrer les comptes, supprimer les déficits : cela fait des décennies qu'on nous sert le même menu, sans perte de poids vraiment visible.
Puisque la méthode ne fonctionne pas, changeons de méthode.
Nous n'allons donc pas vous apprendre à réduire la dette publique.
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Le Professeur Coustou va vous apprendre à en vanter les avantages.
Car lorsqu'on ne sait pas faire disparaître un problème, il reste toujours une solution : le transformer en argument de campagne.
Un remarquable instrument de politique familiale.
On nous répète que notre société ne sait plus transmettre. C'est faux.
La dette publique se transmet parfaitement.
Les grands-parents empruntent, les parents refinancent et les petits-enfants remboursent.
Voilà enfin une politique familiale qui fonctionne.
Elle mériterait même son appellation d'origine :
DETTE DE FRANCE®
Élevée en plein air depuis 1974. Transmise de génération en génération.
Et contrairement à l'immobilier, inutile de passer chez le notaire : chaque nouveau-né reçoit automatiquement sa part.
Un formidable outil de fidélisation
On entend également que les marchés pourraient un jour se détourner de la France. Allons donc !
Quand quelqu'un vous doit quelques milliers de milliards, vous n'avez aucune envie de perdre son numéro de téléphone.
Nos créanciers sont probablement parmi nos relations les plus fidèles.
Voilà un avantage diplomatique rarement souligné : plus vous devez d'argent à quelqu'un, plus il prend régulièrement de vos nouvelles.
La dette crée du lien.
Une politique de l'emploi méconnue:
Imaginons maintenant l'impensable : la France n'aurait plus de déficit et sa dette commencerait sérieusement à diminuer.
Que deviendraient les économistes chargés de l'expliquer ?
Les commissions chargées de l'étudier ?
Les experts chargés de commenter les conclusions des commissions ?
Les hauts fonctionnaires chargés de rédiger les rapports des experts ?
Et les ministres chargés d'annoncer qu'ils ont pris connaissance des rapports ?Avant de réduire brutalement la dette, il conviendrait donc d'en mesurer les conséquences sociales.
Le désendettement sauvage pourrait provoquer du chômage.
Et quel formidable outil pédagogique !
Grâce à la dette, les petits Français peuvent enfin se familiariser avec des nombres qu'ils n'auraient autrement pratiquement aucune occasion de rencontrer.
Encore quelques exercices budgétaires et les puissances de dix n'auront plus aucun secret pour eux.
On cherche depuis des années comment relever le niveau en mathématiques.
Il suffisait de creuser le déficit.
Il faut maintenant faire connaître tous ces bienfaits:
Voilà le véritable problème. Pendant des années, gouvernements et économistes ont présenté la dette comme quelque chose de regrettable.
Erreur de communication majeure.
Candidats, réparez-la. Dès votre arrivée à l'Élysée, créez :
L'ADETTE:
Agence pour le Développement et l'Expansion de la Dette de l'État.
Sa mission sera simple : changer le regard des Français sur la dette et accompagner son développement durable.
Dotée, comme il se doit, d'un budget conséquent, l'ADETTE expliquera aux Français que la dette n'est pas un fardeau, mais :
Une richesse que nous n'avons pas encore payée.
Son financement sera naturellement assuré par l'emprunt.
Il serait tout de même paradoxal de commencer à faire des économies maintenant.
Une grande campagne nationale pourra être lancée :
" LA DETTE : PLUS QU'UN DÉFICIT, UN PROJET DE SOCIÉTÉ."
Avec quelques slogans soigneusement testés :
" La dette, c'est notre affaire à tous. Surtout à ceux qui naîtront demain. "
"Empruntons aujourd'hui ce que nous rembourserons plus tard."
Et pourquoi pas :
"ADETTE : parce qu'un avenir sans dette serait un avenir sans intérêt(s)."
Malheureusement, elle a pris un peu de poids.
Même les experts de l'ADETTE devront toutefois finir par reconnaître que notre patrimoine financier négatif présente un léger embonpoint.
A force d'être nourrie consciencieusement depuis des décennies, la dette française souffre désormais d'un surpoids souverain.
Il faut consulter. Pas un économiste. Nous avons essayé.
Un dététicien.
Après examen, le diagnostic tombe : Obésité budgétaire chronique avec tendance sévère au grignotage entre deux lois de finances. Heureusement, l'ADETTE a déjà trouvé le traitement.
COMME J'ÉTATE
Le premier programme minceur pour finances publiques :
PERDEZ DES MILLIARDS SANS PERDRE LES ÉLECTIONS !
Pas de privations brutales. Pas de régime draconien.
Votre dététicien personnel vous accompagne progressivement.
Phase d'attaque : annoncer 20 milliards d'économies.
Phase de stabilisation : expliquer quelques mois plus tard que 12 milliards constitueront déjà un effort historique.
Phase de consolidation : débloquer 18 milliards de dépenses nouvelles pour soutenir l'activité.
Pesée finale : constater que la dette a encore grossi, mais se féliciter du ralentissement de sa prise de poids.
Attention toutefois à l'effet yoyo* budgétaire.
* rien à voir avec Lionel Jospin
Après chaque cure d'austérité, l'État risque de reprendre très rapidement les milliards perdus.
Votre dététicien recommande donc de ne pas grignoter de crédits entre deux lois de finances et d'éviter les dépenses grasses après 20 heures.
Le régime miracle trouvé sur les réseaux sociaux
Un message largement partagé circule sur Facebook: prélever chaque mois 10 % des indemnités des élus et membres du gouvernement pour rembourser la dette. Pourquoi pas ?
Soyons même extrêmement généreux et supposons que leurs indemnités représentent deux milliards d'euros par an.
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Calcul scientifique par le professeur Coustou :
A 10 %, notre régime ferait perdre à la dette 200 millions d'euros par an. Pour quelque 3 500 milliards de dette, il faudrait donc environ 17 500 ans pour retrouver la ligne.
À condition, naturellement, de ne plus emprunter un centime et d'oublier les intérêts.
Notre dététicien est formel : le régime fonctionne. Il faut simplement ne pas être pressé.
COMME J'ÉTATE : Des résultats visibles dès le 176e siècle.
Candidats, tout est finalement affaire de vocabulaire.
Votre véritable erreur serait de continuer à parler de la dette comme d'un problème. Il suffit de changer les mots.
Ne dites plus: Dette publique. Dites : Patrimoine financier négatif.
Ne dites plus :Déficit. Dites : Croissance budgétaire à signe moins.
Ne dites plus : Hausse des impôts. Dites : Contribution exceptionnelle de solidarité.
Ne dites plus :Austérité. Dites : Cure de détox républicaine.
Et surtout, ne dites jamais : "Nous dépensons trop."
Dites : "Nous investissons massivement dans l'avenir."
En évitant de préciser que c'est l'avenir qui recevra la facture.
Un dernier conseil aux candidats
Ne promettez jamais de rembourser la dette, promettez de la réduire.
C'est infiniment plus prudent. Et surtout, ne dites jamais qui devra payer.
Celui qui le dira risque de ne jamais être élu.
Après tout, avec l'ADETTE et Comme J'Étate, nous ne garantissons pas que la dette maigrira.
Mais elle apprendra au moins à rentrer le ventre sur les photos.
Debitum ergo sum.
(Je dois, donc je suis.)
Votre Coustou dévoué.
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Le Professeur Coustou, ayant définitivement renoncé à vos progrès en latin, vous fournit désormais la traduction, bande d’ignari ! Pour les ignares : ignarus au singulier, ignari au pluriel. Vous voyez que j'essaie encore.
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