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blog de réflexion politique de préférence satirique pour les déçus de la politique.

54 MILLIARDS : NE DISCUTONS PAS POUR SI PEU

AVANT DE VOTER LE BUDGET…

Le Professeur Coustou rappelle qu’un budget équilibré doit toujours reposer sur des bases solides. Pour les 54 milliards manquants, plusieurs solutions restent à l’étude : les retrouver derrière un radiateur, vérifier les poches des anciens ministres ou attendre qu’ils reviennent spontanément au Trésor public. 
En dernier recours, Bercy pourra toujours créer une commission chargée d’étudier les économies réalisables sur le coût des commissions chargées d’étudier les économies.
Les premiers travaux sont attendus dès que le budget nécessaire à leur financement aura été débloqué.
 

 

54 MILLIARDS : NE DISCUTONS PAS POUR SI PEU

Candidats à l’élection présidentielle, vous allez bientôt devoir présenter un programme économique.
Un conseil : ne donnez jamais aux choses leur véritable nom.
Le gouvernement vient encore de nous offrir une magnifique démonstration.
Il faudrait trouver environ 54 milliards d’euros dans le budget 2027.
Vous pourriez appeler cela des économies, vous pourriez même, dans un moment d’égarement, parler d’austérité. Surtout pas. On appelle cela :

UN EFFORT BUDGÉTAIRE

C’est tout de suite plus sympathique, l’austérité, ça fait mal, l’effort, c’est bon pour la santé.( certificat médical exigé)

LE DICTIONNAIRE FRANÇAIS–BERCY

La maîtrise des finances publiques commence toujours par celle du vocabulaire.

  • Austérité : effort budgétaire 
  • Baisse : ajustement
  • Prélèvement : contribution
  • Hausse d’impôt : participation exceptionnelle
  • Sacrifice : solidarité
  • Gel : stabilisation
  • Rabot : mesure d’équité
  • Déficit : trajectoire
  • 54 milliards : effort raisonnable

Après avoir économisé sur les dépenses, pourquoi ne pas économiser également sur les votes ?

LE PARLEMENT PARTICIPATIF

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a estimé le 17 septembre qu’il pourrait falloir utiliser le 49.3 pour faire adopter le budget, tout en rappelant que ce n’était normalement pas son genre de le réclamer. Voilà une intéressante évolution de la démocratie parlementaire.
Les députés pourront débattre, proposer, protester et même, pourquoi pas : voter.
Enfin, s’ils se tiennent bien, sinon : 49.3.
C’est ce qu’on pourrait appeler la démocratie avec option d’achat.
Le Parlement reste indispensable, simplement, certaines fonctions peuvent être désactivées.

ENCORE UNE NICHE À SUPPRIMER

Depuis des années, on nous explique qu’il faut supprimer les niches fiscales. Très bien.
Mais personne n’avait encore songé aux niches démocratiques.
Le vote parlementaire coûte du temps, les amendements coûtent du temps, les débats coûtent du temps. Et comme chacun sait : le temps, c’est de l’argent. CQFD
Supprimons donc les intermédiaires.
Après tout, pourquoi réunir 577 députés pour savoir ce qu’ils pensent d’un budget quand le gouvernement sait déjà ce qu’il veut en penser ?

LE RANTANPLAN BUDGÉTAIRE


Concocté par les Dalton de l’économie, le Professeur Coustou propose quelques mesures supplémentaires…
 

  • Plus de parlementations au Parlement : foin des palabres et des pourparlers pour parler, des amendements réamendés, des objections non objectives et autres discussions stériles.
  • Réduction des amendements : un seul amendement autorisé :"OK."
    Vote électronique simplifié, un seul bouton : "POUR".

  • Opposition : maintenue, pour respecter le pluralisme, mais ouverte uniquement de 14 h à 14 h 15 les jours ouvrables, à la buvette. (Réservée, bien entendu, aux opposants imbuvables).
  • Assemblée nationale : conservation du bâtiment. Il est très joli. On pourra y organiser des séminaires sur la démocratie, et, plus tard, un musée de la Démocratie perdue.

JUSTEMENT…

Car pendant que la France cherche 54 milliards d’euros d’économies, l’Assemblée nationale prépare son avenir. Et notamment son entrée.
Il faut bien préparer dignement la rentrée parlementaire des parlementeurs.
Le projet de nouveau pavillon d’accueil du Palais-Bourbon, défendu par Yaël Braun-Pivet, est actuellement estimé à 52,8 millions d’euros. Ses promoteurs invoquent notamment de meilleures conditions d’accueil, de sécurité et d’accessibilité ; le projet avait été approuvé à l’unanimité par le Bureau de l’Assemblée en septembre 2024.
52,8 millions. Certes, par rapport aux 54 milliards recherchés, c’est une broutille : à peine 0,1 %. Mais il faut savoir commencer petit. Il faut reconnaître à Yaël Braun-Pivet une remarquable cohérence architecturale :
pour l’entrée de l’Assemblée : 52,8 millions ; pour le vote du budget : 49.3.
 Depuis la disparition d’I. M. Pei, il fallait bien quelqu’un pour reprendre le chantier des grandes entrées parisiennes.
 

 

Voilà enfin une politique équilibrée :

ON DÉPENSE À L’ENTRÉE ET ON ÉCONOMISE À LA SORTIE.

CONSEIL AUX CANDIDATS

Retenez donc bien la leçon. Quand les finances publiques vont mal, il n’est pas toujours indispensable de commencer par maîtriser les dépenses.

Commencez par maîtriser le vocabulaire.

Une coupe devient un effort, un prélèvement devient une contribution, une contrainte devient une responsabilité, une dépense devient un investissement.
Et un vote…devient facultatif.
Vous pourrez alors annoncer 54 milliards d’effort budgétaire tout en expliquant qu’il ne s’agit pas d’austérité, envisager le 49.3 au nom de la responsabilité et construire une nouvelle entrée à 52,8 millions au nom de la modernité. Et si certains mauvais esprits trouvent tout cela contradictoire, expliquez-leur simplement qu’ils n’ont rien compris à la nouvelle politique budgétaire.
Les Romains avaient déjà tout compris :

QUOD LICET JOVI, NON LICET BOVI.

(Ce qui est permis à Jupiter n’est pas permis au bœuf.) traduction littérale
traduction fiscale : remplacer bœuf par vache à lait 

A Bercy, on dirait : Ce qui est permis à l’État ne l’est pas au contribuable. Et puisque le contribuable finance Jupiter, on pourrait au moins lui laisser le droit de mugir. (Rien à voir, bien entendu, avec Séféro ce soldat . ibid., La Foire aux cancres)

Votre Coustou dévoué

 

 

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B
Y aura t-il toujours une vie après 2027
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P
https://www.youtube.com/results?search_query=commission+des+affaires+sociales
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P
La commission des affaires sociales (travaux visibles en direct à la télé et rediffusés sur internet) se penche sur les gaspillages et en trouve! Plusieurs millions (oui! millions) de cartes vitales actives (c'est à dire donnant lieu à remboursements) correspondant à des gens qui n'existent pas. Pareil pour des retraités inexistants ou des bénéficiaires d'autres prestations (minimum vieillesse par exemple). Sans parler des retraités africains (principalement algériens) qui ne meurent jamais et continuent donc à percevoir leur pension éternellement.<br /> Ce n'est qu'un exemple de la pétaudière étatique.
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